Sept ans auparavant, Abélard s'était retiré en ermite dans la campagne champenoise, où il comptait quelques amis. Il y avait installé un oratoire dédié au Saint-Esprit consolateur, le Paraclet, où l'avaient rejoint quelques-uns de ses élèves. Mais, appelé à la tête de l'abbaye de Saint-Gildas de Rhuys en Bretagne vers 1126, Abélard avait dû laisser l'oratoire à un clerc quand Héloïse se trouva chassée d'Argenteuil.
Le Paraclet L'abbaye du Paraclet près de Nogent-sur-Seine, à la fin du XVIIIe (gravure mise en couleur)
Il offre alors à son ancienne amante de s'installer au Paraclet. Après des débuts difficiles, la communauté s'organise. Le pape Innocent II reconnaît l'établis-sement monastique en 1131 et les bienfaiteurs permettent au domaine de l'abbaye de s'accroître rapidement. Héloïse et saint Bernard
   Héloïse recherche une règle de vie pour son monastère où vivent, comme à Fontevrault, des religieux des deux sexes sous la direction d'une abbesse. Elle lui sera fournie par Abélard, qui compose également des œuvres liturgiques pour le monastère.
GUIZOT et ODDOUL, Lettres d'Héloïse... (gravure)
Au-delà de l'amour qui les unissait autrefois dans le siècle, le Paraclet devient alors leur œuvre commune.
Les tombeaux d'Héloïse et d'Abélard
 
Ossements, ou reliques ? Dès la mort d’Abélard, les dépouilles des deux amants furent l’objet de pieuses convoitises et, parfois, d’un véritable culte. En sept siècles, neuf sépultures se sont succédées.
Tombeau d'Héloïse et Abélard avec sculpture de la Trinité (dessin)
   Abélard meurt en 1142 au monastère de Saint-Marcel, près de Chalon-sur-Saône. Deux ans plus tard, son corps est transféré au Paraclet, dans l'ancien oratoire. A la mort d'Héloïse, en 1164, les corps des deux anciens amants sont réunis.
 
   Entre la fin du XVe siècle et la Révolution, les cendres sont placées successivement en trois endroits différents à l'intérieur de l'abbatiale. En 1621, le tombeau reçoit une sculpture représentant les trois figures de la Trinité qui avait été exécutée à l'époque d'Abélard. Puis, en 1780, une dalle de marbre comportant une épitaphe attribuée à Marmontel est ajoutée. A la vente de l'abbaye en 1792, le tombeau est déplacé dans l'église paroissiale de Nogent-sur-Seine, où il est détruit en 1794.
 
   Au début de l'Empire, Alexandre Lenoir constitue un "musée des Monuments français", à Paris. Peu soucieux d'exactitude historique et stylistique, il compose un tombeau monumental à partir de pierres disparates provenant des abbayes de Saint-Marcel, Saint-Denis et du Paraclet.
Tombeau au cimetière de l'Est (dit du Père-Lachaise)
(gravure romantique)
Témoin d'un engouement romantique pour la légende d'Héloïse, ce tombeau fut transféré au cimetière du Père-Lachaise en 1817
De l'oratoire au couvent
 
L'abbé de Saint-Denis, Suger, obtient du pape que le monastère d'Argenteuil lui soit rétrocédé en 1129. Héloïse et les autres moniales se trouvent alors sans refuge.
L'abbaye du Paraclet
L'original de cette page était à cette adresse :
http://www.bm-troyes.fr/pages/expos-en-ligne/H%C3%A9lo%C3%AFse au Net/Tressage2.html
 
Merci à l'auteur: BMVR de TROYES - Emmanuel MAUJEAN
Je vous propose de lire l'article parue dans le magazine VAL n° 1044 qui retrace la vie
d'Héloïse et Abélard.
Héloïse & Abélard.zip (865ko)
LE MOYEN AGE
 
        Il faut attendre 1147 pour voir apparaître le nom d'OCCE sur un cartulaire de l'abbaye du PARACLET. Déjà , sans doute, à cette époque, une petite communauté s'était-elle dévéloppée auprès des sources de la FRANCONNEE et s'y était érigée en paroisse. Ne prétend-on pas que notre église date, dans ses parties les plus anciennes, du XIIème siècle?
        Mais les maigres ressources du terroir local n'ont tenté comte ni baron. Aucun seigneur n'a jeté les yeux sur ce coin aride de champagne Pouilleuse pour y planter sa motte et y éléver son donjon.
       Néanmoins la seigneurie n'est pas restée vacante: bien que les maîtres n'ont marqué que peu d'intérêt pour un fief d'aussi maigre rapport. Aussi est-il difficile de reconstituer la chonologie de la seigneurie. Ossey a été fréquemment oublié dans les aveux et dénombrements, mais trop souvent il est inclus dans les "aultres lieux" qui closent l'énumération des biens féodaux.
       Bref, on ne peut établir qu'une liste très fragmentaire des seigneurs des lieux.
       Dés l'époque capétienne, la seigneurie est partagée entre les seigneurs de Marigny et ceux de St Martin de Bossenay.
       La seigneurie de Marigny est alors la deuxième baronnie. Elle relève de l'évêque et du duché d'Estissac. Dés 1147, Garnier II de Trainel, seigneur de Marigny qui se couvrira de gloire en croisade, donne 1/4 de ses dîmes d'Ossey à l'abbaye du Paraclet. A sa mort( 1194), Garnier III lui succède. Est-ce le même qui, sous le nom de Garnier de Potangis, donne, conjointement avec ses cohéritiers Thibaud et Simon Isambart clercs, abondonne en 1202 la totalité de leurs dîmes à l'abbaye du Paraclet ? Dans la même lignée Garnier IV (1217-1255 ?) qui prend le titre de seigneurs de Marigny après partage de famille, transmet son titre à Garnier V qui en 1266 donne 15 livres de rente à l'abbaye de Vauluisant. Sa veuve Erambor d'Epoisses abandonne aux mêmes moines un gagnage et un four (on en reparlera) en 1268.
        A la même époque, la seigneurie de Saint Martin est vassale de celle de Pont sur Seine à qui elle doit gardé au château. C'est ainsi que Jean de PEL seigneur de St Martin( et pour partie d'Ossey) va passer un mois auprès de son suzerin pontois (1227 - 1234) et, après lui, Guillaume du Bois (1249-1252) par sa femme (veuve ou fille de Jean de Pel). On relève encore en 1263 une Marguerite d'OCEY, veuve de Guillaume de SANCHI (peut-être le même) qui doit 3 mois de garde à Pont.
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